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Wana invité du Club de L’Economiste, «La téléboutique de poche» séduit plus d’un million de clients Version imprimable Suggérer par mail
21-10-2007

Le taux de pénétration du fixe passe à 6,39% à fin juin 2007
500 agences et 50.000 points de recharge d’ici fin 2008

  Ils étaient nombreux à parier sur la déconfiture du troisième opérateur téléphonique quelques mois à peine après le lancement de son produit grand public Bayn. Surtout à la suite des premiers couacs et autres problèmes de réseaux qui ont sérieusement entaché son lancement en fanfare. Et pourtant, la marque au moulinet à vent bicolore a réussi à capter en huit mois plus d’un million de clients (plus exactement 1.070.000). «A ce seuil, la marque a conquis une légitimité symbolique», déclare le team de Wana, pas peu fier. Invités du Club de L’Economiste mardi dernier, Karim Zaz, président de Wana, et son acolyte Réda El Mejjad, vice-président, en charge du pôle grand public, se sont longuement épanchés sur cette «success story». Et ce n’est que le début puisque, d’après El Mejjad, la marque continue d’enregistrer quelque 5.000 activations par jour. A ce rythme, Wana pourrait bien devenir le premier opérateur du fixe au Maroc. Le régulateur national (ANRT) enregistre 1,9 million de lignes pour le parc global, à fin juin 2007, dont 659.784 en mobilité restreinte (Bayn).

  Le taux de pénétration qui est l’un des plus bas de la région est tout de même passé de 4,2 à 6,3% depuis décembre 2006. Petit bémol, le concept de mobilité restreinte ne fait pas l’unanimité et les opérateurs lui contestent son statut de ligne fixe. Un projet de décision arrêtant la définition d’un abonné au fixe est d’ailleurs en cours de finalisation à l’ANRT. Qu’à cela ne tienne, même avec une croissance de 20% sur le deuxième trimestre, du parc global de la téléphonie fixe, le Maroc est loin derrière ses concurrents. Les quelque 80% de Marocains ne disposant pas de téléphone fixe peuvent être un gisement énorme.

  Selon l’Union internationale des télécommunications, en 2006, l’Algérie faisait deux fois mieux que nous avec un taux de pénétration de 8,5% et la Tunisie trois fois plus avec 12,5%. Plus pour longtemps? On se rappelle encore, en janvier dernier, la cohue devant les agences Wana, aussi dense que des points de ravitaillement par temps de disette. Avant même l’ouverture des agences, les abords étaient littéralement pris d’assaut, les files d’attente, désorganisées, débordant largement sur le bitume. Pas moins de 24.000 lignes ont été activées le premier jour de commercialisation, dépassant de 2 fois et demie les prévisions de l’opérateur.

  Dans la semaine, plus de 100.000 activations ont été enregistrées. La demande est là, c’est certain! Difficile pourtant de la satisfaire, l’opérateur, comptant sur un lancement étagé, n’avait pas prévu un tel engouement. D’autant plus que l’offre incluait la gratuité des communications entre Bayn pendant 6 mois (cf.www.leconomiste.com). Durant cette période, la moyenne de communication a été de 3 heures contre 20 minutes par client et par mois pour le marché, affirme le staff de Wana. Combien ont-ils été, agacés par les problèmes d’encombrement du début, à remiser leurs téléphones? Pas tant que ça, à en croire le directeur du pôle grand public. «Le taux de churn (ndlr: contraction de l’anglais change and turn, exprimant dans le jargon high tech des spécialistes le taux de déperdition de clients pour une entreprise ou un produit) n’a pas été très important.

  On estime à 30.000 le nombre de clients perdus». Quelque 3% en somme. Par ailleurs, le choix de la technologie (le CDMA 2.000, déployée aussi aux Etats-Unis, au Japon et en Corée du Sud) ne permet pas la vente séparée de cartes «Sim» ni la migration des terminaux vers d’autres opérateurs. Sans compter l’évasion sur des marchés extérieurs estimée à plus de 25% (Algérie essentiellement). Pour l’opérateur, le million d’activations correspond donc bien à des clients réels.

Le produit avec ses prix attractifs avait de quoi séduire. Snobé par une clientèle aisée, il a fait le bonheur des couches moins favorisées. Un pack à 149 DH et la possibilité d’appeler à partir de 1 DH.

  Une politique de prix que l’opérateur dit avoir mise en place suite à l’observation des usages téléphoniques des Marocains. Ceux-ci placent la téléboutique du coin de la rue, principal «opérateur de téléphonie» au Maroc, comme leur moyen préféré de téléphonie. Et pour cause, le parc des publiphones atteignait à fin juin 2007 quelque 159.177 lignes que se partagent plus de 60. 000 téléboutiques et autres cabines téléphoniques et publiphones à cartes. A elle seule, la téléboutique accapare les 3/4 du chiffre d’affaires du marché du fixe, soit 4,8 milliards de DH en 2006. A comparer avec le chiffre d’affaires du fixe résidentiel (1,5 milliard de DH), la messe est dite. La marque offre aussi gratuitement une batterie de services à valeur ajoutée (SVA). Un bip d’avertissement pour chaque dirham consommé, un service de plafonnement de chaque communication au préalable ou encore la consultation de solde des services. Bayn n’est qu’un produit, entre autres, de Wana, comme tient à le souligner son PDG, mais il restera néanmoins un élément stratégique dans les années à venir. Un bouquet de produits est d’ailleurs programmé pour 2008, y compris une offre de téléphone fixe, plus classique (voir page 12).

  Pour 2008, l’opérateur au moulinet à vent prévoit aussi d’étendre sa couverture à 160 cercles, à étoffer son réseau d’agences qui devra passer à 500 au lieu des 300 actuelles et d’atteindre 50.000 points de recharge. Wana, qui compte d’ailleurs sur la synergie ONA pour la distribution de son produit phare, devrait devenir de plus en plus indépendante. Les enseignes Marjane et Acima, qui assurent pour l’instant 10% de la capillarité, ne devraient plus en représenter à terme que 5%. De même pour les distributeurs de recharges que sont Lesieur et Centrale Laitière. Une année avec des challenges et du travail en perspective, promet Zaz, combatif.

Source: L'Economiste - Le: 21/10/2007

 

 
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