- Ouverture d'un centre de services à Casashore
- Des projets de techno-police dans l'air
L'Economiste: C'est la seconde fois en moins d'un an que vous vous rendez au Maroc. Pourquoi cet intérêt?
- Didier Lamouche: Pour des raisons économiques, évidemment. On sent que quelque chose se passe actuellement. Bull est présent sur le territoire marocain depuis 50 ans, il est naturel que nous en fassions un fer de lance pour notre développement. Bull n'est pas uniquement un groupe français, c'est un groupe européen. Nous sommes en Europe de l'Est, Espagne, France, Italie. Nous ne venons pas au Maroc pour créer quelques emplois et servir l'extérieur, nous souhaitons nous développer en harmonie avec l'économie marocaine. Précisément, nous sommes venus signer un mémorandum avec le gouvernement marocain pour l'ouverture d'un centre de services à Casashore (cf. édition du 13 avril sur www.leconomiste.com).
Vous n'aimez pas le terme offshoring, pourquoi ?
- Parce que c'est un mot à la mode, qui inclut une notion d'opportunisme. Or, Bull Maroc ne cherche pas à servir uniquement l'extérieur, comme je l'affirmais plus tôt. Nous avons une clientèle locale importante. Si un jour le nombre de contrats avec l'étranger devait diminuer, nous ne plierions pas bagages pour autant. Nous serions en mesure de poursuivre notre activité car nous faisons partie intégrante de l'écosystème marocain.
De quel ordre est l'investissement pour le centre de services de Casa-shore?
- Pour l'investissement, nous préférons parler en termes de ressources humaines. Notre groupe emploiera autour de 300 personnes d'ici 2009. Nous nous sommes engagés à embaucher et à former ce personnel. Nous pourrons nous servir de nos unités à l'international pour ces recrues. Par exemple, nous pourrions envoyer un ingénieur compléter sa formation au Brésil.
Pour ce qui est de notre chiffre d'affaires, nous l'avons doublé l'an dernier, et comptons bien le doubler encore d'ici 2008.
Vous venez de signer également une convention avec l'Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT)…
- Par le biais de cette convention, nous avons établi un partenariat avec l'École nationale supérieure d'informatique et d'analyse des systèmes (ENSIAS) et l'Institut national des postes et télécommunications (INPT). Nous mettrons à disposition des étudiants et des chercheurs un grand serveur informatique, et nous participerons activement à la formation des élèves. Nous pourrions, par exemple, accueillir des étudiants en stage dans l'une de nos unités et organiser des séminaires avec les professeurs chercheurs.
Le gouvernement marocain vous a récemment approché pour la mise en œuvre d'un système de techno-police. Il est question entre autres de passeport et de permis de conduire biométriques. Qu'en est-il exactement?
- Très franchement, nous en sommes encore au stade des discussions. Ce que nous pouvons dire, c'est que nous possédons dans ce domaine une expérience considérable. Nous avons instauré le système de passeports biométriques au Brésil. Nous venons également de remporter un important appel d'offres, en collaboration avec les sociétés Sagem et Accenture. Nous nous chargerons d'uniformiser le système de traitement et de reconnaissance des passeports biométriques pour l'Union européenne.
Les évènements des derniers jours à Casablanca ont-ils un impact sur une entreprise comme la vôtre?
- À l'heure actuelle, non. Nous faisons confiance aux autorités locales. Il faut savoir qu'aujourd'hui, plus aucun pays n'est à l'abri du terrorisme. Inutile de rappeler que plusieurs pays d'Europe, dont l'Espagne, l'Angleterre et la France, ont aussi été secoués.
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